Pourquoi reprendre ses études à 40 ans et au Québec

Vous pensez que reprendre ses études après 40 ans à l'étranger c'est du délire ? Laissez-moi vous prouver le contraire... Vous pensez que c'est inutile ? Pour certains, sans doute, mais pas pour moi. Vous hésitez à reprendre vos études ? Je vais vous montrer que "tout est possible, tout est réalisable !", c'est parti:


D'une idée persistante, un projet mûrement réfléchi

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De l'idée à la concrétisation

Pour se donner toutes les chances

Alors là, je m'adresse à tous ceux qui sont dans le monde du travail: N'avez-vous jamais eu le sentiment que vous étiez contraints de faire un boulot qui ne vous convenait pas ? N'avez -vous jamais eu l'envie de changer de métier ?

Si votre réponse est oui, alors bienvenue au club. Le problème est qu'en France, on vous laisse une toute petite fenêtre, de quelques années, pour réussir. En gros, vous avez une pression de malade sur les épaules entre 20 et 30 ans parce qu'on vous fait bien comprendre que tout se joue à ce moment. Vous comprenez rapidement que si vous n'avez pas réussi votre vie professionnelle à 35 ans, c'est mort. Si vous n'avez pas valorisé vos diplômes 5 ans maxi après vos études, c'est mort. Vous ré-orienter après 30 ans ? C'est compliqué, pour des raisons que je ne vais pas développer, ça n'est pas le but ici. 

Dans beaucoup de profession, difficile, en France en tout cas, de se tailler une part du lion sans le diplôme adéquat. Comment faire alors quand on s'est trompé d'orientation ou que l'on a aucun travail dans sa branche ? Comment se sortir d'une impasse professionnelle ? EPINEUSE question, mon cher Watson, qui mérite mûrement réflexion, d'ailleurs.


La réorientation et le syndrôme de l'épée de Damocles: "réussiS, ou on te coupe la tête".

Alors oui, on va vous dire qu' en France la formation continue est bien présente, qu'elle est accessible, pratique ... blablabla. N'empêche qu'avant d'y accéder, accrochez-vous au rideaux ! Je vous passe les formalités administratives, les refus des employeurs, les problèmes financiers et personnels auxquels il faut faire face avant d'arriver à suivre un cours.

A moins d'avoir le feu sacré pour les professions en vogue et de trouver votre job de rêve avec le premier certificat qui passe, tout est bon pour vous fourguer des petites formations gentillettes saupoudrées à droite à gauche. Tout ça c'est bien joli ... ça aide à décorer le CV d'ailleurs. Au moins, vous serez Chef, mon capitaine (LOL).

Mais voilà: si, de surcroît, vous demandez à préparer un diplôme de A à Z, sur 2 ans et plus, c'est encore une autre affaire. 

Alors c'est vrai que devant les difficultés, tous les moyens sont bons pour vous faire rebrousser chemin. Dans les faits, quand on décide de se former en France, une sorte d'apathie généralisée vous "scotche" dans votre situation, comme pour éviter de vous laisser prendre le moindre risque.

Tout est fait pour vous pousser à vous contenter de ce que vous avez (durement) acquis, et pour vous faire peur du changement. Vous vous voyez alors sous un plafond de verre bien épais et bien haut, avec une fenêtre très étroite pour y accéder. Encore une fois, vous comprenez que même pour passer la petite lucarne, vous n'avez pas le droit à l'erreur, et vous allez devoir suer à grosses gouttes.

Et par dessus le marché, la société admet encore avec parcimonie les choix de vie qui sont jugés "atypiques"... Et oui, dans notre monde franco-français, ce sont les jeunes qui vont à la fac, pas les vieux. Et puis votre carrière à 55 ans est foutue de toute façon. Alors pourquoi se prendre la tête quand on a plus que 15 ans à tirer ? et puis quitter un travail, c'est risqué. Après sa formation on peut payer très cher son absence en finissant au placard. On ne peut pas changer d'appart, ou changer de voiture sans CDI. Et apprendre, ça rapporte combien ? Et si ton nouveau diplôme ne te sert à rien, tu auras bossé pour rien ! Ohlàlà, tu vas vivre de quoi ? .. etc..

En bref, ce consensus généralisé franco-français m'a laissé un goût amer, pour tout vous dire. Plein de jugements et de certitudes, plein de regards réprobateurs. Comment peut-on pousser les gens à stopper leur envie d'apprendre et d'entreprendre  ? Je ne sais pas vous, mais je trouve ça aberrant. 

Alors là, j'entends déjà les levées de boucliers débarquer, du genre: "c'est facile t'es pas à ma place, avec tes belles paroles, tu te la pètes, et t'es inconsciente." 

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Justement: c'est parce que moi aussi j'ai des obligations, un budget, une vie professionnelle, un certain âge, que je peux vous dire que c'est possible. OUI. Et que parfois, faire ses propres choix sans craindre le jugement d'autrui, ça fait un bien fou. Le tout c'est de le vouloir et de s'y préparer rigoureusement et minutieusement.

Pour ceux qui pensent encore que c'est du flan, je peux vous parler de mon expérience à titre d'exemple: Je suis diplômée en biologie, avec 10 ans d'expérience dans la Banque et l'Assurance. J'ai ensuite monté deux entreprises; un restaurant pendant 4 ans et une société de courtage en Assurances pendant 1 an. Aujourd'hui, je suis étudiante en Informatique, et je reprends tout niveau BAC. Ben oui, quoi. J'aime l'informatique depuis toujours et on a qu'une vie. Si je ne le fais pas pour moi, c'est pas le voisin qui va s'y coller pour me rendre service, non ?


Préparer son retour aux études: une démarche qui se mûrie ... comme un bon vin !!

Comment prendre une telle décision ? C'est simple en fait. Il faut se donner les moyens d'être prêt à sauter le pas. Point à la ligne. Une fois que vous avez compris ça, vous avez tout compris. Toutes ces démarches prennent du temps, et ne se font pas du jour au lendemain. Le tout est d'avoir tout envisagé pour se sentir serein. Comment ? Avec méthode et organisation, of course ! Voici notamment ce que j'ai appliqué, et qui peut vous aider:

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Prendre le temps de savoir ce que l'on veut, pour trouver ce qui convient. C'est le premier principe pour se fixer un plan d'action. Se connaître pour comprendre ce qui est adéquat. Les prestations d'un conseiller d'orientation peuvent être utiles ici.

Mesurer les écarts, entre ce qui est faisable, et ce qui ne l'est pas. Rien ne sert de se construire un château en Espagne, puisque certains facteurs vont vous contraindre à faire des compromis. "Choisir, c'est renoncer", comme on dit. 

Se fixer des objectifs atteignables et avoir conscience de ses limites. Etudier, c'est tenir dans la durée. Si vous ne pensez pas réussir, vous allez vous planter. C'est clair. Alors ça peut être super d'avoir un proche qui vous soutient d'ailleurs.

Prendre conscience qu'en cas d'échec, c'est pas la fin du monde. Ça, c'est primordial. Figurez vous qu'un recruteur verra toujours d'un bon oeil les efforts que vous aurez fournis pour vous former. Et vous, vous aurez vécu, vous aurez acquis une nouvelle expérience, et surtout, vous vous serez donné la chance de ne rien avoir à regretter.

Se fixer un plan d'action précis, avec un échéancier, et un budget. C'est aussi le moment d'élaborer la stratégie "des plans de sortie": le plan A, le plan B... bref, savoir comment vous retourner si vous échouez, si vous avez des difficultés à trouver du travail ensuite. Déterminer comment financer tout ça et organiser votre vie personnelle et professionnelle.


Ok, mais pourquoi étudier au Québec ? 

Après 20 ans de bons et loyaux services en France passés dans différentes entreprises et autres domaines d'activités, j'ai voulu partir rejoindre ma famille en Amérique du Nord. Sur ce, j'ai prospecté pour monter mon entreprise et/ou chercher un emploi. Ouhaaa super, me direz-vous ! Oui. MAIS. 

MAIS, MAIS... Il s'avère que je n'ai exercé en France que des professions réglementées en Amérique du Nord. C'est à dire, des professions dont l'accès se fait exclusivement après formation et/ou diplôme spécifique, examen et carte professionnelle. Et là, mes bons amis, ça coince... 

CV

Quid des formations professionnalisantes

Sans vous détailler toutes mes pérégrinations et autres recherches sur les VISA disponibles (je ferai un autre post à ce sujet) j'ai réalisé que je ne pouvais exercer AUCUNE des professions que je connaissais en France sans formation préalable. Il fallait donc que je trouve un employeur qui soit suffisamment motivé pour m'embaucher tout en me permettant de passer mes examens de cartes professionnelles... et là, je peux vous dire que c'était pas gagné ...

Et oui, à plus de 35 ans, fini les stages d'échanges à l'étranger, les VISA de PVT et autres VISA d'échanges internationaux... soit vous bossez dans un secteur fortement demandé par l'immigration et on va vous embaucher pour traverser l'Atlantique, soit vous restez où vous êtes. Logique.

Sans boulot, pas de VISA, et sans VISA, pas de boulot. 

Ah oui, tant que j'y pense: J'aurais pu tenter le VISA F aux USA malgré tout (m'enfin avec Trump et mes 40 balais, c'était un peu "tendu" quand même); et j'aurais aussi pu tenter de me trouver un job lambda au Québec avant de venir. Certes. 

Mais un VISA provisoire qui ne vous sort pas d'une situation précaire, c'est un compromis douteux, je crois... surtout quand votre conjoint quitte sa boîte après 27 ans d'ancienneté pour vous suivre et qu'il est non diplômé. Bref, après avoir pesé le pour et le contre, j'ai décidé de changer mon fusil d'épaule.

Quitte à faire l'effort de repasser une formation, autant qu'elle corresponde à ce qui me conviendrait le mieux. Et puis tant qu'à faire, autant que ce soit un diplôme reconnu en Amérique du Nord qui me permette de travailler sur place ensuite. Et puis tiens, de fil en aiguille, pourquoi ne pas la faire en français ? 


Exit le sponsor d'un employeur: "Ton VISA d'étudiante tu demanderas"


martien

Débarquer ailleurs, pour un projet de vie

C'est possible. Pas besoin d'être martien pour ça.

(La photo est trompeuse, en fait., héhé)

Et nous voilà partis dans l'aventure ! 

Quand j'ai dit à mes amis que je reprenais mes études, et pas en France, mais en Amérique du Nord, on m'a regardé comme si je sortais d'une soucoupe volante.

Ben oui, quoi, je suis déjà BAC + 3 en France, avec une expérience professionnelle de plus de 15 ans. Pourquoi donc se replonger dans un cursus long et coûteux quand je peux trouver du boulot avec mon bagage actuel ? Alors les gars, je vous le dit, c'est vrai qu'être du genre "caissière avec un VISA de 2 ans et des diplômes qui servent à rien", ça va faire comprendre à mon pays d'accueil que je suis indispensable... c'est sûr. 

Je vous dirai dans 3 ans si je sortirai le paquet de Kleenex en boîte de 100 ou pas. Comme on dit "rock'n roll "! 

J'ai commencé mes études il y a 6 mois, et je peut vous garantir qu'au Québec, on vous soutient dans vos projets ! 

En tout cas, comme disent les américains, soit on aura vécu une aventure, soit on aura une bonne histoire à raconter !

Et vous, pensez-vous reprendre vos études ?


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