Communication et valeurs québécoises


Le langage verbal et gestuel varie d'un pays à l'autre. Apprenez les codes de la communication et les valeurs essentielles de la société québécoise pour faciliter votre intégration.


Le langage verbal et l'importance de la bulle !

"La bulle", c'est l'espace personnel qui doit être respecté entre une personne et le reste du monde afin de se sentir bien et en sécurité.

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Afin d'éviter les sentiments d'agression et d'intrusion, cet espace doit être respecté, tant  au sens propre qu'au figuré. Du coup, quand on s'adresse à un inconnu, on respectera toujours une distance de 50 cm et plus. Jamais moins. Si on est trop près, on est irrespectueux et impoli. C'est le cas aussi en France, certes, mais chez les latins, la " bulle est de taille plus petite" .

Cela se constate notamment dans les espaces publics: Les files d'attentes sont respectées, les gens entrent dans les transports en commun sans se bousculer, et s'excusent dès qu'ils bousculent une personne par mégarde. Les zones de confidentialités sont démarquées au guichets (banque, administration ...). Vous savez, c'est la petite ligne jaune ou rouge qu'on ne doit pas dépasser :)


Quand on fait la connaissance de quelqu'un...

Ne FAITES PAS comme en France...

 pixabay

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On n'ouvre pas la discussion en lui demandant ce qu'il (elle) fait comme métier, et s'il (elle) a des enfants. (C'est trop intrusif et considéré comme abrupte pour une entrée en matière).

On démarre toujours avec des questions sur la pluie et le beau temps, sur ce qui est cool à faire, sur une phrase humoristique, ou sur des activités communes.

Pas la peine de vous la péter avec votre super job rémunéré ou votre statut social, les gens s'en fichent.

On n'aborde pas les sujets personnels aux travail. On ne focalise pas toutes les discussions sur sa petite personne. 

 


  • Exit le côté latin et gueulard !!
Quand on monte le ton en public, c'est qu'on est en colère. Si on est expressif, et qu'on a la voix qui porte, il vaut mieux préciser que non, ça n'est pas de la colère...
De même, il est de bon ton de répondre que "ça va bien" quand on vous le demande, même si c'est faux. Les québécois détestent les gens qui se plaignent sans arrêt. Ils les appellent les "chialeurs"!

Quand vous posez une question à un québécois qui laisse passer un long silence avant de vous répondre...

Genre pour éviter de répondre !!! 

 imgflip.com

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En fait, c'est dû au fait que votre interlocuteur(trice) ne veut pas vous blesser en vous disant des choses désobligeantes. Donc il s'agit d'un silence de retenue gênée, mais qui peut paraître pesant quand on ne le comprend pas.

De manière générale, rien de doit être dit de manière trop directe car blesser moralement autrui est très mal perçu. N'y voyez là aucune lâcheté ou hypocrisie, c'est juste qu'en Amérique du Nord, on met un point d'honneur à ne pas blesser les gens par des paroles déplacées et abruptes. 

 

 

 


Quand vous dites au revoir une fois, et que vous le répétez...

En France, quand on sort d'un RDV,  on a souvent le réflexe de dire "merci " et "au revoir" au moins deux fois.

Du genre, en sortant d'un cabinet médical:

  1. Secrétaire médicale: "blablabla..." 
  2. Vous, au guichet de la secrétaire : blablabla.... "merci, au revoir"
  3. Vous vous levez, et avant de quitter la pièce, vous re-dites: "au revoir, merci..."
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Eh bien au Québec, au 2ème " merci et au revoir", vous pouvez vous taper un gros silence en retour et votre interlocuteur vous zappe. On dirait que vous n'êtes plus dans la pièce. Vous êtes totalement ignoré, et vous réalisez que vous parlez dans le vide, en ayant l'air de remercier le mur ou la porte. Bizarre: la secrétaire était pourtant super sympa, et très avenante... elle n'avait pas l'air d'être sourde non plus. 

Alors avant de déverser votre frustration en meuglant des "noms d'oiseaux", sachez qu'en fait, c'est simple:

Un "merci" et un "au revoir", tout comme un "bonjour" se suffisent à eux même. Trop de "merci" tuent le "merci" (haha). Un excès de politesse, c'est trop, donc pas très honnête. Autant éviter de vous faire passer pour un gros Tartuffe bien hypocrite. 

En résumé, une fois que vous avez "pris congé", c'est à dire, une fois que vous indiquez à votre interlocuteur(trice) que vous partez en le(la) remerciant, vous ETES partis. Pour de bon. Ensuite, la discussion est close, puisque vous ETES DEJÀ PARTI. (Même si physiquement, vous êtes toujours dans la même pièce).

Si vous avez à reprendre la parole, c'est qu'un point de la discussion a été oublié ou non abordé, et doit être repris.


faciliter son intégration: le Guide de communication et des valeurs québécoises

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La source du texte ci dessous provient du guide publié par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec. Voici le résumé des valeurs essentielles qui façonnent les rapports humains dans la société québécoise, et qui peuvent différer de ce qu'on connaît en Europe.


  • Conflits et affrontements

Les Québécois privilégient l’accommodement et la recherche de consensus plutôt que l’affrontement ou le conflit. Ils préfèrent échanger et négocier pour trouver les compromis nécessaires pour aboutir à un accord. Ils n’aiment pas la polémique. Évitez de confronter votre interlocuteur. Les conflits dans les relations interpersonnelles se règlent en privé.

  • Attendre son tour

Dans la vie publique, en attente d’un service, les Québécois respectent habituellement le principe «premier arrivé, premier servi». Que ce soit dans un magasin, à la banque ou au cinéma, chacun attend son tour en ligne. La personne qui ne respecte pas cet usage s’expose à se faire rappeler à l’ordre.

  • Distance

Le Québec est un territoire très vaste, constitué de grands espaces et peu densément peuplé. Ne vous étonnez pas si les Québécois accordent beaucoup d’importance à leur espace personnel, leur «espace vital» qu’ils surnomment leur «bulle». Dans les files d’attente ou lors de discussions, ils gardent habituellement une certaine distance physique (environ la longueur d’un bras) entre eux et leur interlocuteur. Entrer dans l’espace personnel d’un Québécois risque de lui créer de l’inconfort.

  • Contacts physiques

Les Québécois évitent les contacts physiques. Ils ne touchent pas le bras ou l’épaule de leur interlocuteur pour attirer ou garder leur attention. Les hommes évitent les contacts physiques, à moins d’avoir atteint un très haut degré d’aisance. Se tenir par la main ou maintenir un contact physique prolongé avec une personne est réservé aux relations intimes et familiales. Pour les couples, les marques d’affection en public sont tolérées

  • Faire signe de la main

Les Québécois se saluent souvent à distance. Ils lèvent le bras et balancent de gauche à droite la main ouverte dans les airs.

  • Expression des émotions

Les Québécois sont plutôt réservés. Ils ne sont pas portés à exprimer leurs émotions en public. Ils n’ont pas l’habitude de hausser le ton en public. La résolution des conflits se fait en privé.

  • Honnêteté

L’honnêteté est très appréciée par les Québécois. Ils préfèreront que vous énonciez votre désaccord ou que vous disiez ne pas avoir compris plutôt que d’approuver leurs idées par politesse.

 

  • Individualisme

Les Québécois, comme la plupart des Nord-Américains, sont considérés comme individualistes. Ils se séparent relativement tôt de leur noyau familial et tisser des liens avec eux demande du temps. Les Québécois restent cependant attachés à certaines valeurs collectives. Par exemple, une majorité d’entre eux donne son appui au maintien et au développement des programmes sociaux et des mesures visant la promotion de droits collectifs.

 

  • Mode de communication: franc et direct

Pour entrer en relation et communiquer entre eux, les Québécois préfèrent être directs. Ils communiquent généralement de façon franche, précise et explicite. Ils préfèrent les réponses claires, directes et honnêtes à leurs questions.

Vous pourrez établir aisément un premier contact d’affaires avec eux. Par contre, les Québécois pourront vous paraître relativement réservés si vous tentez d’entrer dans leur vie privée, car ils préservent jalousement leur intimité. Ils font une distinction très nette entre vie privée et vie professionnelle. Ils ont besoin de plus de temps pour bâtir de véritables relations d’amitié. La clé pour les nouveaux arrivants est d’aller au-devant des Québécois, puisque ces derniers ne le feront pas nécessairement.

 

  • Parler fort en public

Évitez de parler fort en public, comme les vestiaires, les classes ou les autobus. Ce n’est pas bien vu par la majorité des Québécois et pourrait être jugé comme étant un comportement irrespectueux, agressif.

 

  • Regards directs

Lorsqu’ils se parlent, les Québécois se regardent dans les yeux. Le contact visuel est perçu comme une manifestation de respect, de reconnaissance de l’autre et de sincérité. Éviter de regarder son interlocuteur peut être considéré comme un signe d’insécurité ou de malhonnêteté.

Dans les lieux publics, la situation est différente. Dans l’ascenseur, dans les files d’attente ou dans l’autobus, les Québécois évitent plutôt le regard des autres. Ils auront tendance à fixer le plancher, le plafond ou les murs. Fixer quelqu’un dans un lieu public peut être vu comme irrespectueux.

 

  • Relations interpersonnelles

Les Québécois sont en général serviables. Si vous les arrêtez pour leur demander des renseignements, la plupart vous répondront avec plaisir. Les relations plus intimes cependant se construisent progressivement et prennent du temps. L’amitié se construit sur une base d’affinités et de confiance.

Beaucoup de Québécois vivent en couple sans toutefois être mariés. C’est ce qu’on appelle l’union libre. Le couple est considéré comme des conjoints de fait selon la loi.

 

  • Salutations

Lorsqu’ils rencontrent leurs amis, les Québécois se saluent en se faisant la bise (sur les 2 joues), mais seulement entre homme et femme ou entre 2 femmes. Les hommes et les étrangers se rencontrant pour la 1re fois se saluent plutôt par une poignée de main ferme et brève. Les Québécois considèrent qu’une poignée de main molle ou douce est signe d’une personnalité manquant d’assurance ou de confiance en soi.

 

  • Sujets de discussion privilégiés lors des premières rencontres

Vous souhaitez amorcer une conversation avec un Québécois? Abordez-les en parlant d’un de leurs sujets favoris: le temps qu’il fait! La plupart des Québécois seront curieux et désireront en savoir plus sur votre pays et sa situation politique, vos coutumes, vos mets nationaux et votre musique locale. Ils s’intéresseront aussi à votre vie professionnelle ou à votre domaine d’études.

Les Québécois sont fiers de leur culture. Ils aimeront se faire poser des questions sur leurs coutumes, leur histoire, leurs artistes et sur les joueurs de hockey! Lors des premières rencontres, évitez les sujets de discussion trop personnels et maintenez un ton de conversation léger.

  • Importance de l’écrit

Les Québécois accordent plus d’importance aux informations écrites qu’aux informations verbales. Un contrat, par exemple, n’est officiel que s’il est dûment rédigé. Les dépliants, les brochures et les tableaux d’affichage sont par ailleurs beaucoup utilisés pour transmettre des renseignements ou des indications. Par conséquent, il est important que les nouveaux arrivants étrangers lisent les informations qui leur sont transmises.

  • Invitations

Lors de vos premières rencontres avec des Québécois, vous serez possiblement invité à vous joindre à eux pour manger au restaurant, prendre un verre, aller au cinéma ou dans un autre lieu public. Les Québécois s’attendent à ce que chacun assume ses propres dépenses.

Les invitations à manger chez quelqu’un ne se font que lorsque les relations sont plus développées. Si vous êtes convié à un souper, les Québécois s’attendent à ce que vous n’arriviez pas les mains vides. Vous ferez très plaisir à votre hôte en apportant une bouteille de vin, du fromage, un dessert ou encore une spécialité de votre pays. Lorsqu’on vous invite, n’hésitez pas à demander ce que vous pouvez apporter pour compléter le repas.

 

  • Organisation du temps et ponctualité

Les Québécois gèrent leur temps à la manière nord-américaine. Ils accordent beaucoup d’importance aux agendas et aux programmes préétablis. Ils organisent leurs activités selon un horaire précis et fixe. Ils perçoivent le temps de façon linéaire, se fixant des priorités et ne faisant généralement qu’une activité à la fois. Ils planifient et divisent leur temps selon les différentes activités à faire. Les Québécois considèrent le temps comme une ressource précieuse. Vous entendrez les expressions «le temps c’est de l’argent», «perdre son temps» et «gagner du temps».

Par conséquent, les Québécois prennent leurs engagements liés au temps très au sérieux. Ils se présentent à l’heure à leurs cours et à leurs réunions. Ils arrivent même de 5 à 10 minutes à l’avance pour des rendez-vous d’affaires. Les retards laissent souvent une mauvaise impression. Ils sont considérés comme un manque de respect. Le respect des délais et de ses engagements, comme remettre sa partie d’un travail d’équipe à temps, est très valorisé.

 

  • Rectitude politique

Les Québécois préfèrent utiliser un langage «politiquement correct» pour éviter de blesser certaines personnes ou de donner lieu à d’éventuels différends. Ils utiliseront donc des expressions respectueuses, en parlant par exemple de «minorités visibles» plutôt que de «minorités raciales».

 

  • Relations hommes/femmes

La société québécoise s’est donné comme valeur l’égalité des sexes dans tous les domaines. De fait, le niveau d’éducation, de formation et de réussite des femmes est maintenant beaucoup plus élevé qu’il ne l’était il y a une trentaine d’années. Même si certains obstacles se dressent encore à l’égalité des sexes, on compte aujourd’hui un nombre assez important de femmes à des postes de décision. Les Québécoises sont en général autonomes, indépendantes et elles font preuve d’esprit d’initiative.

 

  • Religion

La pratique de la religion est beaucoup moins répandue au Québec qu’elle ne l’était il y a quelques dizaines d’années. L’environnement public est laïc et la religion est considérée comme strictement réservée au domaine privé. Il peut donc être mal vu d’exhiber ses pratiques religieuses, quelles qu’elles soient, en public.

 

  • Statuts sociaux

Au Québec, le phénomène de classes sociales marque peu les relations interpersonnelles. Il est possible pour une personne issue d’un milieu plus modeste de grimper les échelons, puisque les Québécois partent du principe selon lequel ce qu’une personne fait et comment elle se comporte priment davantage que le milieu social ou le pays d’où elle vient. Dans la plupart des milieux, on privilégiera l’égalité des personnes, peu importe leur classe sociale. Toutefois, les liens sociaux et d’amitié restent généralement plus horizontaux (même statut social) que verticaux.

 

  • Tolérance

Les Québécois se définissent comme un peuple ouvert à la diversité et tolérant. Des lois et institutions ont été créées pour garantir les mêmes droits pour tous et pour contrer la discrimination. Il ne faut pas pour autant conclure qu’il n’existe aucun conflit ou controverse ou encore, que la population a un point de vue unanime sur toutes les questions.


confused

Ah, tiens, dernier petit détail ...

Au fait, OUI, évidemment que vous aimez la poutine, Céline Dion et le hockey...  m'enfin ! 

Si, si. Vous aimez, hein. Même si ce n'est pas le cas, officiellement, le monde entier n'a pas besoin de le savoir, surtout quand vous tenter de nouer de nouveaux contacts.

Après, moi j'dis ça; j'dis rien ... 


Pour en savoir plus ...


Pour tout savoir sur les expressions typiquement québécoises:

La video de "CAM c'est elle ". Une expatriée française à Montréal. (perso je trouve que ses videos sont top !)

Aujourd'hui je cite quelques trucs à éviter de faire quand on vient au Québec histoire de ne pas trop se faire remarquer et s'intégrer :) On s'entend que vous pourrez toujours dire ce que vous pensez mais certains peuvent se vexer (un peu comme partout d'ailleurs) et non tout le monde n'aime pas la poutine, le hockey et Céline mais beaucoup oui.

A voir aussi: