Les premiers mois d'expatriation: ce à quoi on ne s'attend pas

S'expatrier, c'est apprendre des autres, mais aussi de soi-même. On a beau tout prévoir, l'arrivée sur place réserve des surprises inattendues qui n'ont rien avoir avec ce qu'on a pu s'imaginer. 


Fatigue, quand tu nous tiens ...

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La première chose qui nous a surpris, c'est la fatigue. Une fatigue continue, qui persiste malgré les vitamines, les heures de sommeils pour compenser, les balades pour se changer les idées... bref, on en voyait plus le bout ! On a passé les 4 premiers mois sur les rotules.

Non seulement on était éreintés, mais on avait de surcroît un sommeil vraiment inhabituel. Alors qu'on était pas coutumiers de ce type de problèmes en France, on s'est retrouvé à alterner les nuits de sommeil "normales" avec celles qui vous donnent un sommeil léger, et ponctué de périodes de réveil. On n'arrivait pas à comprendre ce qui expliquait ce sommeil bizarre, et cette fatigue qui était là, même quand on passait de bonnes nuits réparatrices.

On a d'abord mis tout ça sur le compte du décalage horaire, puis sur le compte du stress de la finalisation de nos démarches administratives françaises à distance (et on en a eu un paquet), puis sur le compte des démarches diverses et variées au Québec. Une fois la paperasse traitée et le décalage horaire compensé, la fatigue, elle, est restée.

On a supposé ensuite que c'était dû au changement de temps, de lumière, de nourriture, étant donné qu'on est arrivé en hiver avec notre métabolisme d'européens. Mais non. Le printemps a commencé a pointer le bout de son nez pendant que nous, on était toujours aussi crevés.

Au détour d'une conversation, on en a parlé aux membres de notre famille, eux-mêmes immigrés aux USA, et on a été très surpris de découvrir qu'en fait, on étaient loin d'être les seuls a avoir eu ce genre de désagréments. C'est simple, nos parents nous ont simplement expliqués que tous les français dans leur entourage, eux y compris, avait subi cette même fatigue peu de temps après leur expatriation.

Serait-ce alors une fatigue liée à l'adaptation ?

 J'ai finalement obtenue toute l'explication "du pourquoi du comment" en lisant un article du Bureau des Etudiants Etrangers de mon université et en participant à un conférence au sujet des différences culturelles. Eh bien oui. S'expatrier, c'est éreintant pendant les premiers mois, et figurez-vous qu'on y peut rien. C'est quasi-physiologique en fait, et parfaitement connu et commun. Voilà ce qu'il en ressort:


Le processus d'adaptation par Kalervo Olberg

Monsieur K. Olberg est un anthropologue canadien qui analysé et mis en évidence les conséquences physiques et psychiques d'un changement de culture dans les expatriations. De ses recherches a émergé un "comportement type" de l'expatrié, qu'il a présenté sous la forme du diagramme qui porte son nom. Il est d'ailleurs tellement connu au Québec qu'il est évoqué dès qu'on parle d'adaptation culturelle dans les institutions, les cabinets de psy, et les bureaux d'orientations. Voici de quoi il s'agit:

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L'adaptation culturelle se fait en 4 étapes successives, plus ou moins longues. En fait, on ne définit pas de durée type, puisque tout va dépendre du sujet et du milieu dans lequel il devra évoluer. Une chose est sûre: aucun expatrié  n'y échappe, puisqu'on fonctionne tous de la même manière. C'est inévitable ! Sur ce , notre fameuse période de fatigue correspondait en réalité à la phase 2 du processus d'adaptation: "La confrontation" !


 source: Extraits de  Toute la vérité sur le choc culturel  ! www.acdi‐cida.gc.ca

source: Extraits de Toute la vérité sur le choc culturel ! www.acdi‐cida.gc.ca

Les symptômes possible du choc culturel ou de la difficulté d'adaptation 

Ce qui est dingue, c'est de réaliser que ces symptômes sont non seulement psychologiques, mais ils peuvent s'exprimer aussi physiquement ! Et la liste est plutôt longue.

Tout le monde ne va pas développer l'intégralité des symptômes bien sûr ! La plupart n'en auront sans doute aucun ou très peu. Le tout, c'est de faire en sorte qu'ils vous gênent le moins possible et qu'ils se résorbent au mieux, le cas échéant. (On était loin de penser à ça quand on pliait bagage en France, héhé). 

Si vous êtes dans ce cas, la bonne nouvelle c'est qu'une fois la cause des symptômes identifiée, vous pouvez la traiter !

 

 


La stratégie pour s'intégrer en douceur et régler ses petits tracas de départ

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D'après ce qui m'a été décrit, il est fondamental de comprendre son processus d'adaptation et de réaliser que ce processus est NORMAL. On peut même vous préconiser de tenir un journal de bord... ("punaise", dire que bon nombres de bloggeurs démarrent leurs activités en s'expatriant...)

 source: Extraits de  Toute la vérité sur le choc culturel  ! www.acdi‐cida.gc.ca

source: Extraits de Toute la vérité sur le choc culturel ! www.acdi‐cida.gc.ca

En bref, si vous vous expatriez ou même, si vous êtes dans une période de grands changements dans votre vie, votre cerveau peut vous le dire inconsciemment. Si vous sentez que vous avez des réactions inhabituelles, ou surprenantes, si vous souffrez de manque de sommeil et de fatigue, ne vous étonnez pas ! C'est normal et ça va passer :). C'est une réaction que vous pouvez même vivre en changeant de ville ou de milieu social dans votre propre pays ! Le tout est d'en prendre conscience pour aborder ce passage sereinement. Sur ce , see you soon and take care !


Pour en savoir plus sur les valeurs québécoises et la communication 


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